
À l’occasion de la Journée mondiale de l’architecture, célébrée ce lundi 5 octobre 2026, l’Union internationale des architectes (UIA) place le logement au cœur du débat avec un thème particulièrement actuel : « Le logement est un droit humain. Construisons-le. »
Créée en 1985, cette journée est célébrée chaque année le premier lundi d’octobre, en parallèle de la Journée mondiale de l’habitat des Nations Unies. Pour 2026, l’UIA entend rappeler que l’architecture ne se limite pas à concevoir des bâtiments : elle participe directement à la réponse aux défis du logement, de l’urbanisation et de l’accès à un cadre de vie digne.
Un défi mondial
À l’échelle mondiale, l’accès à un logement sûr, adéquat et abordable demeure l’un des grands défis urbains. Pour l’UIA, le logement doit être considéré comme un droit et non comme un simple produit immobilier.
Cette problématique dépasse largement la seule construction de nouveaux logements. Elle implique également la planification urbaine, l’accès aux infrastructures et aux services essentiels, la qualité des espaces publics, la rénovation du parc existant, la reconversion des bâtiments et la lutte contre l’étalement urbain.
L’UIA appelle ainsi les architectes à aller au-delà de la conception architecturale pour participer davantage aux débats sur les politiques publiques, l’accessibilité financière du logement et l’équité dans l’accès à la ville.
L’Afrique face à une urbanisation accélérée
En Afrique, cette question prend une dimension particulière.
La croissance démographique et l’urbanisation rapide créent une pression considérable sur les villes, les infrastructures et les marchés du logement. Dans de nombreuses métropoles africaines, le défi consiste simultanément à produire davantage de logements, développer les réseaux d’eau et d’assainissement, améliorer la mobilité, structurer les nouveaux quartiers et réduire les déficits d’équipements publics.

Cette transformation crée également d’importants besoins en matière de construction, d’ingénierie, de matériaux, d’aménagement urbain et de financement.
Pour les architectes et les professionnels de la construction africains, l’enjeu est donc double : construire davantage, mais surtout construire des villes capables d’accompagner durablement leur croissance.
Au Cameroun, par exemple, les activités organisées en amont de la Journée mondiale de l’habitat mettent cette année l’accent sur le rapport entre logement, santé, urbanisation, assainissement et accès aux services essentiels, illustrant la dimension multidisciplinaire du sujet.
Maroc : entre production de logements, renouvellement urbain et transformation des territoires
Au Maroc, la question du logement s’inscrit dans une politique urbaine plus large, combinant production immobilière, développement des infrastructures, aménagement des territoires et renouvellement des villes.
Le pays poursuit parallèlement plusieurs transformations majeures : développement de nouveaux pôles urbains, infrastructures de transport, équipements publics, rénovation de quartiers, reconstruction dans les zones touchées par le séisme de 2023 et préparation des territoires aux grands rendez-vous internationaux.

Cette dynamique pose une question centrale : comment construire aujourd’hui des logements et des villes qui restent adaptés aux besoins des populations demain ?
La réponse ne relève pas uniquement du nombre de logements produits. Elle concerne également leur localisation, leur accessibilité, leur qualité architecturale, leur efficacité énergétique, leur proximité avec les transports et les équipements publics, ainsi que leur intégration dans le tissu urbain.
Construire davantage… mais construire mieux
Le message de l’UIA rejoint ainsi une problématique qui concerne directement l’ensemble de la chaîne de la construction.
Architectes, urbanistes, ingénieurs, promoteurs, entreprises de construction, industriels des matériaux, bureaux d’études et pouvoirs publics sont appelés à travailler sur une même équation : produire des logements accessibles, durables et adaptés aux usages, tout en maîtrisant le coût de construction et l’impact environnemental.
L’UIA souligne également l’importance de la réutilisation du bâti existant. Rénover, transformer, reconvertir et densifier certaines zones urbaines peuvent constituer des réponses complémentaires à la construction neuve.
L’architecture au cœur de la ville de demain
La Journée mondiale de l’architecture 2026 rappelle finalement que l’architecture ne peut être dissociée des grandes transformations économiques et sociales qui façonnent les territoires.
Le logement, les infrastructures, les transports, les équipements publics, les matériaux et l’aménagement urbain forment un même système.
Pour le Maroc comme pour l’Afrique, le défi des prochaines années sera donc moins de choisir entre construire plus et construire mieux, que de parvenir à faire les deux simultanément.
« Le logement est un droit humain. Construisons-le. » Un thème qui place ainsi l’architecture au cœur d’un enjeu beaucoup plus large : celui de la construction des villes et des territoires de demain.
Bâtimag – Première plateforme Maroc-Afrique dédiée à la construction, BTP, Génie civil, architecture et développement territorial